Bric à Book

Une chronique sur la dernière rentrée littéraire ? Un album pour le petit dernier ? Un livre de littérature jeunesse ? A moins qu'un atelier écriture vous tente (rendez-vous le lundi matin), le tout en musique avec la radio des blogueurs ?

23 septembre 2010

L'école de la honte d'Emilie Sapielak

9782359490138FSVoici un titre qui parle de lui-même. L'école de la honte est le premier livre d'une femme qui fut professeur de français pendant 3 ans avant de rendre son tablier.
Ce livre, à mi-chemin entre le récit de vie et l'essai, se veut être un compte-rendu d'une journée de cours. Les heures de la journée rythment donc cette publication.

Bien-sûr, le bilan est noir, même très noir. Rappelons que cette jeune femme a choisi de quitter l'Éducation nationale au bout de trois ans.
Par épuisement.
Elle qui s'attendait à trouver des élèves sortis tout droits de l'école de la IIIème République est tombée de haut. Non, elle n'a jamais pu enseigner dans une classe silencieuse et échanger sur la beauté de la littérature.
Outre ces élèves non conformes à ceux qu'elle attendait, c'est tout le système que cette jeune femme rejette. La description liminaire la montre dans un train de banlieue, ce trajet ressemblant à s'y méprendre à une descente à la mine ou aux Enfers.
Zola n'est pas loin ...
Puis, à l'arrivée dans son collège, voici qu'elle compare son établissement à une prison.
Cette journée commence mal, c'est sûr ...

Emilie Sapielak revient alors sur différents points.
Il y a bien-sûr, l'IUFM qui n'a pas su bien la guider :
Etait-ce trop demander à l'école de me transmettre les outils adéquats pour être mon propre maître ? Était-ce trop demander à l'IUFM de me préparer à un métier ?Prendre, trouver une place, obtenir des diplômes, j'ai fait ce que j'ai pu. Mais jamais je n'ai rencontré de guide ni reçu ce qui, professionnellement, m'aurait révélé vraiment. La tare congénitale de l'éducation prodiguée par le système scolaire actuel est écrite à l'encre sympathique sur le fronton des instituts de formation des maîtres : il n'y a pas de maître. Les moutons apprennent aux enfants à bêler.

Le constat est rude et sans appel.
( Notons que depuis cette année, les nouveaux professeurs ne sont plus formés deux jours par semaine à l'IUFM. Avant cette année, le néo-professeur de français avait la charge d'une classe, histoire de se former doucement. Depuis cette année, ces professeurs prennent un service plein ... )

Autour d'elle, rien ni personne ne semble non plus pouvoir la sauver. Ces collègues sont au choix des hystériques ou des dépressifs. La jeune femme se sent seule et démunie face à la violence de certains élèves.
Pire. Voici qu'elle écrit que l'alcool est sans doute un refuge souvent utilisé par les professeurs. Ces derniers plongeant avec délice leurs lèvres dans cet élixir sucré pour oublier la prison qui leur sert de cadre de travail.
Bien-sûr, l'auteur rend aussi compte de la violence des élèves. La cour de récréation étant alors décrite comme un enfer pour ses habitants. Les élèves ne font que prendre des coups, ou fuir quand ils le peuvent. Souvent ils se font voler leur MP3 ou leur téléphone.
A lire cette description, on a l'impression que personne ne gère la cour, lieu désolé et désolant.

L'auteur revient alors sur cette idée de vocation du professeur. Souvent en effet, on dit que pour épouser cette profession, il faut avoir été appelé, avoir la foi.
Emilie Sapielak se demande alors comment un professeur peut endurer toute cette pression et ces humiliations quotidiennes.
Un chapitre de plus et le professeur aurait pu devenir cet être qui aime se faire humilier ...
Heureusement cette réflexion s'est arrêtée avant cette révélation ...
Ce métier est une damnation, ces femmes la subissent sans pouvoir admettre avoir raté leur vie si tôt, elles n'ont que vingt-cinq, vint-sept ans, ou trente ans.(...) Peut-on se résigner, même quinze ans plus tard, à cette vie de prof, cette vie de chien, et attendre patiemment que la retraite ou la mort nous en délivre ?

Voici un constat bien amer du système scolaire.

J'avoue avoir bondi et fulminé plusieurs fois
en lisant ce livre.
Et ce pour plusieurs raisons.
Bien-sûr, ce livre ne peut être objectif. Nous avons là une femme qui a choisi de quitter l'enseignement. Mais je ne m'attendais pas à lire de telles inepties !
C'est un livre à sens unique où règne en maître le dénigrement. La médisance peuple les lignes noires de ce livre et l'auteur semble avoir craché son venin et sa haine envers un système qu'elle n'a pas su intégrer.
Voilà pourquoi nous avons un tableau très sombre du monde éducatif. Les professeurs sont selon elle hystériques, dépressifs ou alcooliques. Quand ils tiennent bon, c'est parce qu'ils ont courbé l'échine ou qu'ils sont tyranniques.
En effet, les violents dans l'histoire ne sont pas ces mômes qui se battent dans la cour. Non, ce sont plutôt ces professeurs qui ordonnent aux élèves de se taire, qui souhaitent établir des règles et de les tenir. Ce sont eux les violents.
La violence perdurerait donc à cause de cette école tenue par des professeurs bourreaux.
L'auteur regrette même cet espace douillet que fut l'école il y a quelques années. Néanmoins, je suis perplexe car j'ai beau chercher, je ne vois pas quand l'école était un cocon protecteur ! Peut-être que l'auteur a oublié qu'il n'y a pas si longtemps les châtiments corporels étaient encore à l'ordre du jour.

Non, je ne peux accepter ce constat sans bondir. Quelle piètre image cette femme donne de l'école !
Bien-sûr que l'École est malade, bien-sûr qu'il faut réagir. Mais par pitié, ce n'est pas la peine de déverser son fiel en disant que tous les professeurs sont perdus, que ceux qui restent ne sont que des loques dépressives en attente de la retraite.
Ces loques existent, oui. Comme dans tous les métiers. Et à côté d'eux il y a aussi ceux qui y croient, ceux qui essaient, ceux pour qui cela marche.

Et puis, surtout, je crois que l'auteur s'est trompée de cheval de bataille en écrivant que les règles strictes stressent les élèves. Chaque enfant a besoin de règles, de cadre, et un élève grandit plus harmonieusement s'il sent que son professeur sait où il le mène. Le professeur est celui qui cadre, qui émet des règles. Un peu comme un parent qui fixe des règles à son enfant.
Sans règles, l'élève est perdu. Il n'a pas le tuteur pour grandir comme il faut.

Outre le contenu qui m'a gênée, la prose parfois zolienne parfois hugolienne de l'auteur m'a déroutée. Comme je pensais lire un essai sur l'école, la lente descente aux Enfers qui ouvre le livre m'a étonnée ...
Où vont tous ces enfants qui me bousculent, dévalant les marches quatre à quatre pour profiter du carrée de ciel gris qu'on daigne leur accorder ? Où vont ces enfants qui ne savent pas se taire, qui ne savent pas rester assis, qui savent à peine lire et écrire ? Ils vont en troisième générale.


Un livre alarmiste et nimbé de généralités qu'il est bon de ne pas croire.
Je suis la première désolée de voir que l'image véhiculée par ce livre sera reprise par de nombreux journalistes.
(C'est un avis tranché que je donne ici, et encore je me censure. Mais je crois que, dans ce cas-là, il est indispensable de dire haut et fort que l'auteur s'est complètement fourvoyée.)

Auteur Émilie Sapielak
Éditeur Don Quichotte
Date de parution     août 2010
Collection     Non Fiction
ISBN     9782359490138
18 €
282 pages

© Leiloona à 10:38 - [37]Petites graines - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Commentaires

Tu m'as donné envie de le lire, je vais essayer de le trouver en bibliothèque (hors de question de donner de l'argent à cette fille). Ce qu'elle dit des professeurs -ces vilains bourreaux- me laisse vraiment perplexe...Je crois qu'elle n'a rien compris à l'école tout simplement ! Quant à sa prose,je te remercie pour l'extrait : je suis écroulée de rire devant mon ordinateur !

Posté par Sara, 23 septembre 2010 à 10:53

Quand on a une si piètre idée de l'enseignement comment intéresser les élèves ??? ce que tu en dis me fait bondir aussi, et je suis entièrement d'accord avec toi, elle a bien fait de changer de métier !!!

Posté par george, 23 septembre 2010 à 11:00

Si tu veux, je le fais voyager, Sara !

Posté par Leiloona, 23 septembre 2010 à 11:01

Certes, tout n'est pas rose, mais quand on aime vraiment , on ne compte pas... ni son temps, ni son énergie... Hélas, le discours de cette jeune femme est aussi celui que véhiculent les reportages sur l'école, et dieu sait le tort qu'ils causent!!!
Je ferai donc l'impasse sur ce livre là, histoire d'éviter un ulcère...

Posté par couette, 23 septembre 2010 à 11:03

je n'ai jamais enseigné mais je n'ai pas souvenir que l'école ait été un cocon en tant qu'élève en tout cas !

Et comme tu le dis, dans chaque profession je crois que certains sont en perdition, mais beaucoup sont de petites lumières dans la nuit. Je garde le souvenir de plusieurs profs qui m'ont marquée, par leur passion à enseigner, leur implication et c'était rassurant alors, de croiser des adultes qui permettaient de penser que tout le monde n'était pas pourri ou démissionnaire.

Ceci dit, j'ai travaillé longtemps dans le domaine de la petite enfance, et je me suis jurée de ne jamais devenir une personne aigrie, attendant la mort ou la retraite..le jour où j'ai cessé d'aimer ce que je faisais j'ai changé d'horizon.

Une chose m'interroge tout de même, ancienne éduc jeunes enfants, j'ai côtoyé pas mal de profs, et pour bon nombre j'ai constaté qu'ils n'étaient que peu ou pas préparés..aucune notion de gestion de dynamique de groupe ou pire la peur du groupe qui paralyse..je me demande si ceux qui s'accrochent ne sont pas aussi ceux qui "possèdent" déjà au fond d'eux certaines des qualités nécessaires spontanément..quand d'autres devront apprendre sur le tas.

Je suis d'accord avec toi sur les règles, et je pense que cela reste vrai pour pas mal d'adultes en fait. Beaucoup veulent travailler avec les enfants sans vraiment réaliser que ce n'est pas "facile", une fois face à la réalité ils sont démunis, celle ci ne correspondant pas à leur idéal..

Je ne lirai pas ce livre c'est certain, je suis au final assez triste pour elle. J'espère qu'elle pourra remettre en question ses choix.

Posté par souslesmots, 23 septembre 2010 à 11:03

George : Elle nous dirait peut-être que sa vision a changé avec l'enseignement.
Je sais bien-sûr qu'enseigner peut ne pas être évident, mais elle mélange tout et généralise. Ce ne peut qu'être faux.

Posté par Leiloona, 23 septembre 2010 à 11:04

Couette :
Oui, et malheureusement en cherchant des informations sur l'auteur, j'ai vu qu'elle passait pas mal à la radio et à la télé aussi. De quoi encore véhiculer une image trompeuse de l'école.
Je suis en colère !

Sous les mots :
Merci pour ton témoignage. Moi aussi, je me dis souvent que je changerais de métier si jamais je devenais aigrie !
Et je suis aussi d'accord avec toi. Le manque de formation est flagrant. Et avec la réforme, les nouveaux professeurs seront encore moins bien formés. C'est triste car les élèves ont de plus en plus besoin d'être cadrés.
Alors, oui, peut-être que ceux qui s'en sortent sont ceux qui possèdent déjà une certaine autorité.
Mais il y a aussi l'expérience : la première année, on découvre un nouvel univers et souvent on commet des fautes qu'on ne fera pas l'année suivante.

Posté par Leiloona, 23 septembre 2010 à 11:11

Ce type de livre, à mon avis, n'est fait que pour produire beaucoup de bruit...

Heureusement que dans tous les corps de métier, il y a des personnes qui croient à ce qu'ils font même si les conditions de travail ne sont pas idéales.

Et les personnes qui boivent ou qui sont dépressives ( ou les deux)... on en trouve partout !

Posté par clara, 23 septembre 2010 à 11:30

Pffffff ! En voilà une qui se reconvertit dans le fiel. Ce n'est pas la première... Mais ça paye bien semble-t-il. Ensuite on se fait passer pour spécialiste de l'éducation à peu de frais.
Je crois l'avoir vue lors d'une émission, c'était consternant. Pour ceux qui connaissent de l'intérieur l'école, il était facile de voir que le dépit de n'avoir pas réussi avait aigri cette très jeune femme (j'allais écrire cette gamine, désolée). Malheureusement, son discours sera fort bien relayé par les médias, qui font leurs choux gras de ce genre de "personnalité".
Beurk.
Cela dit, je la plains. Pauvre fille. Et je modère mes propos.

Posté par Cappuccinette, 23 septembre 2010 à 11:42

Cette fille a arpenté tous les plateaux télé au mois de septembre. Elle a eu un écho considérable dans les media, et ce en tenant un discours idiot et surtout incohérent. Je déteste ce genre de discours sur l'école, qui ne mène à rien.

Posté par Lolli, 23 septembre 2010 à 11:45

Les analyses de fond passent inaperçues et les livres comme celui-là occupent le devant de la scène. Voilà qui ne va pas contribuer à pacifier et enrichir les débats... Et puis ça donne une image déplorable des enfants (tous pré-délinquants?) et des profs (condamnés à l'alcoolisme ou au suicide?) Franchement, qui peut croire à une vision si manichéenne des choses? Et pourtant, ça marche...

Posté par Gwenaelle, 23 septembre 2010 à 12:05

Voilà un livre qui aidera notre gouvernement chéri à discréditer encore un peu plus notre pauvre école, et en profiter pour rendre les profs un peu plus détestables ou méprisables aux yeux des moutons ... je comprends et partage ton indignation !
Bises !

Posté par Lisbei, 23 septembre 2010 à 13:22

J'ai entendu beaucoup de mal de ce livre, et je ne le lirai donc pas, d'autant que je n'ai déjà qu'une envie : fuir l'éducation nationale. Donc bon, on ne va pas en rajouter

Posté par irrégulière, 23 septembre 2010 à 14:05

je me souviens avoir vu l'auteur à la télé et en avoir entendu beaucoup parlé lorsque le livre est sorti, et elle m'avait donné l'impression de ne pas avoir su prendre de recul par rapport à ce qu'elle avait vécu. Elle aurait sûrement du attendre un peu avant d'écrire un livre je pense.

Posté par Carlota, 23 septembre 2010 à 15:27

Je sais que j'ai la chance de travailler dans un petit collège de campagne et pas en banlieue mais je dois dire qu'il m'a fallut malgré tout 3 ans pour me sentir bien face aux élèves,ne plus en avoir "peur", ne plus être en colère, à me sentir à l'aise face à mes cours et me sentir vraiment prof! J'ai acquis une certaine "autorité" et une aisance face à la classe... je me sens vraiment bien dans ce que je fais... Je crois que le secret c'est d'aimer à priori ses élèves ou en tout cas, leur vouloir du bien (ça n'empêche pas d'en detester certains Il faut parfois prendre le temps de trouver sa place et cette femme a lâché l'affaire un peu tôt pour donner des leçons!!! Je ne lirai pas son livre car tout ce que tu en dis m'énérve et quand je l'ai entendue à la radio, elle m'a énérvée aussi...

Posté par enna, 23 septembre 2010 à 17:47

Je trouve ton billet vraiment intéressant, j'avais entendu parlé de ce livre sans vraiment y prêter d'attention mais c'est vrai que son discours est vraiment sombre, trop pessimiste, il ne faut mieux pas que de futurs profs lisent ce livre!

Posté par Emilie, 23 septembre 2010 à 18:50

Quand j'ai commencé à lire cet article, je me suis dit : "que diable suis-je donc venue faire dans cette galère ?". Ton avis sur le livre m'a ensuite un peu rassurée, Leiloona. Je me sens pleinement concernée par ce billet car je suis cette année professeur stagiaire en français. Je suis passée sans transition du statut d'étudiante à celui de prof, et c'est loin d'être évident au jour le jour. J'ai 4 classes à gérer et ça se passe plus ou moins bien selon les élèves. C'est un métier qui ne s'improvise pas, mais qu'on se trouve pourtant obligé d'improviser à temps plein avec la réforme.
Je suis pleine de bonne volonté et j'ai foi en ce métier mais je rencontre beaucoup de difficultés, qu'il va me falloir apprendre à surmonter. Je ne démarre certainement pas dans les conditions rêvées mais le fait d'être sur le terrain est sans doute la meilleure façon d'apprendre.
Ce qui est sûr, c'est que je ne lirai pas ce livre ! En ce moment, j'ai plus besoin d'arguments positifs en faveur de ce métier que de lire les propos d'une personne aigrie. Heureusement que vos commentaires sont là pour me rassurer.

Posté par Violaine, 23 septembre 2010 à 19:48

Ce genre de livre m'énerve: bien sûr que beaucoup de choses ne vont pas, bien sûr que les élèves peuvent être difficiles mais il y a aussi beaucoup de positif dans ce métier et des gamins terriblement attachants (même dans les chieurs!) . Il faudrait aussi le rappeler

Posté par zorane, 23 septembre 2010 à 20:35

Je pense que l'on pourrait écrire un tel livre avec comme base n'importe quel métier, histoire de se rassurer après un abandon, et pour polémiquer. Mais cela n'aurait rien de constructif, ni pour l'écrivain, ni pour le lecteur.
Pour moi tout est une affaire de point de vue, l'objectivité existe si peu chez l'humain...
Mais en écrivant un tel livre, cette femme a manqué de respect envers tous ceux qui croient en leur métier et essaient de l'accomplir au mieux. Sans parler de l'éditeur qui a accepté de la publier... Je ne le connaissais pas mais c'est décidé, je ne veux pas le connaitre...

Posté par Hélène, 23 septembre 2010 à 22:15

Eh bien, voilà un livre que je me refuse à acheter. Certes le métier de professeur n'est pas un conte de fée quotidien, mais de là à en dresser un tableau aussi noir... Comme d'autres avant moi, je ne suis pas certaine que trois années de métier soient suffisantes pour prendre convenablement la mesure de la profession et de l'EN en totalité. Tous les établissements sont différents et les élèves aussi, selon les années. Ce genre de témoignage à l'emporte-pièce ne devrait pas avoir autant de place sur les étals et dans les médias.

Posté par mrs pepys, 24 septembre 2010 à 06:29

Eh bien c'est sans appel...mais j'avoue que le titre me repousse déjà, sans aller plus loin, même si évidemment je partage le constat que la situation de l'école est terrible !

Posté par Mathilde, 24 septembre 2010 à 09:38

Je l'ai entendue sur Inter et en effet, elle déverse sa rage.

Posté par Theoma, 24 septembre 2010 à 13:47

J'avais déjà entendu parler de ce torchon mais il est hors de question que je lise ce truc ! C'est l'aigreur d'une bonne femme qui s'est révélée être incompétente dans le métier qu'elle avait choisi !
L'école publique n'a vraiment pas besoin de telles attaques en ce moment !
Grrrrrrrrr !

Posté par Marie, 24 septembre 2010 à 14:06

Ta colère est légitime d'autant que tu sais de quoi tu parles! En effet les phrases qu'elle écrit et les idées qu'elle fait penser sont dangereuses et tellement dures! Bref, merci pour ce billet qui lui au moins fait dans la nuance et la demi-mesure.

Posté par Sabbio, 24 septembre 2010 à 14:53

La rentrée est souvent le moment choisi pour que paraissent ces types de témoignages... Je préfère de beaucoup de livres comme celui de Chopin, Flaubert est un blaireau, dont l'auteur a retroussé ses manches durant des décennies pour ses élèves...
J'invite aussi l'auteur dans mon p'tit collège, pas idéal, mais vivable, qui reflète plus la réalité j'ai l'impression.
Ceci étant, enseigner est souvent fatigant et dévoreur d'énergie, il y a de chouettes moments, et de moins chouettes, comme dans d'autres professions. On travaille avec de l'être humain, eh oui, c'est passionnant, mais pas formaté...
Signé : quelqu'un qui y croit encore (un peu) après moult années la craie à la main, et qui ne boit sans modération que du thé ... (non mais!)

Posté par keisha, 24 septembre 2010 à 17:00

J'ai lu ton avis avec intérêt car je suis moi-même professeur de français depuis dix ans. Si les deux premiers établissements où j'ai exercé ne me convenaient pas, celui dans lequel j'exerce depuis cinq ans me convient parfaitement, et je n'ai aucune envie d'en changer.
Oui, je vis des moments difficiles, mais je vis aussi des moments très positifs. Nous avons des hauts et des bas, nous ne sommes pas ces caricatures. Je ne me reconnais pas dans ce portrait de professeur, et je ne reconnais pas du tout mes collègues.
Encore un livre qui va faire beaucoup de mal à notre profession.
Je vous quitte. Je bois du chocolat sans modération.

Posté par Sharon, 24 septembre 2010 à 18:57

Je ne le lirais pas c'est certain, j'ai l'impression que l'auteure a surtout voulu vider son sac, sans se préoccuper du reste...

Posté par Hathaway, 24 septembre 2010 à 19:41

Je vais le lire puis reviendrai vers ton avis

Posté par Stephie, 24 septembre 2010 à 22:10

J'ai déjà lu un avis sur ce livre, et je ne suis pas spécialement tentée, même si le sujet m'interroge bien évidemment!

Posté par pimprenelle, 25 septembre 2010 à 08:33

En lisant le début de ton article, je me disais: moi non plus, je n'ai pas été formé à mon "métier", moi non plus, je n'avais pas les armes, et je ne suis pas du tout professeur! Ensuite, cela m'a rappelé la note que j'avais écrite après avoir lu/vu "Entre les murs" où j'expliquais que je trouvais triste que bcp (trop?) de professeurs (en tous cas c'était le message du film, je vois tout ça de l'extérieur)semblaient avoir abandonné. Enfin ta réaction, toute légitime, me rassure vraiment: être professeur c'est pê une vocation, mais c'est avant tout un métier avec ses difficultés, avec ses défis et on ne peut s'attendre à ce que tout se passe bien, avec des élèves merveilleux et des collègues dynamisants...
Comme partout, il faut sa faire sa place apprendre à fonctionner dans le groupe, savoir enseigner et apprendre des autres... savoir vivre en somme. Bref, ce livre ne me fait pas du tout envie car il semble dégager beaucoup d'amertume. Je préfère lire sur des personnes optimistes qui ont envie de faire changer les choses plutôt que simplement les démonter par leurs mots! Par contre, je serais curieuse de savoir ce que fait maintenant cet ancien professeur....

Posté par Nymphette, 25 septembre 2010 à 13:13

C'est intéressant de lire ton avis. Même si je ne doute pas que professeur est un métier difficile, je ne suis pas d'accord non plus avec tout ce que tu cites de ses idées. Mais ayant quitté le lycée il y a presque 15 ans, je suis mal placée pour avoir des certitudes. Cependant, je suis rassurée de voir que ce n'est pas forcément "l'Enfer" qui attend mes enfants ! Et je suis aussi totalement d'accord avec toi quand tu dis que chaque enfant a besoin de règles. Dès leur plus jeune âge, ils ont besoin de savoir dans quel cadre ils évoluent et où en sont les limites...

Posté par Restling, 25 septembre 2010 à 18:28

Voilà sans doute une dame qui avait de grandes ambitions et qui est tombée de haut, de trop haut, peut-être. Cela montre aussi qu'elle n'est pas en phase avec son époque et les jeunes. Si elle les avait regardé avant, elle s'en serait peut-être rendu compte.

Posté par Alex-Mot-à-Mots, 25 septembre 2010 à 19:34

J'ai lu des extraits de ce livre en librairie et, franchement, ça m'a tellement mise en colère que je n'en lirai pas plus.
A la réflexion, je me dis que penser autant de mal et se glorifier d'avoir été assez clairvoyante et courageuse pour ne pas suivre le mouvement comme un mouton, était peut-être la seule façon pour cette jeune femme de justifier (de se justifier à elle-même ?) son abandon ... Le dénigrement est plus facile que l'acceptation d'un échec.

Posté par Eloah, 25 septembre 2010 à 23:01

Je faisais des bons en lisant ce que contenait ce livre. Merci pour ton billet qui remet les choses à leur place.

Posté par Edelwe, 26 septembre 2010 à 11:26

Je ne suis ni hystérique, ni dépressive, ni alcoolique... Une chose est sûre, je n'achèterais pas son livre ! Merci pour ce billet !

Posté par Noukette, 28 septembre 2010 à 00:20

J'aimerais avoir le temps de tous vous répondre ... merci d'avoir pris le temps d'écrire de longs commentaires.

Juste pour Violaine : pour en avoir parlé avec des collègues, la première année est la plus difficile. Il faut apprendre sur le tas ...
Parler avec d'autres stagiaires était aussi important car l'échange d'idées est primordial.
Tu sais où me joindre, si tu veux.

Généralement quand on commence un métier, nous sommes formés. Une comptable saura par exemple ce qu'elle doit faire ... mais quand on bosse avec l'humain, il est difficile d'avoir des réponses toutes faites. Alors on apprend tous les jours et on se remet en cause tous les jours aussi.
Jamais je ne sais comment se déroulera une journée. Il y a tellement de paramètres à prendre en compte.

Posté par Leiloona, 28 septembre 2010 à 11:21

J'aimerais seulement dire que j'étais une élève de l'auteur , je pense qu'elle n'a pas totalement tort et quoi qu'il en soit je ne crois pas qu'une personne ici a déja été professeur et encore moins dans un collège en ZEP .
Pour information à Noukette et à Edelwe , les bibliothèques existent .Elles sont gratuites donc pas besoin d'acheter le livre mais juste de l'emprunter ......

Posté par Hinuki, 31 janvier 2012 à 21:36

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